vendredi 25 juillet 2008

La régate de la déception

Départ de Marseille avec challenge clair : on s'est un peu rapprochés de nos adversaires directs, en fait ceux que l'on peut peut-être rattraper, par contre nos poursuivants restent proches et il faut faire attention à ne plus perdre de places.
Départ au matin en rade sud de Marseille, du vent au menu mais on est sûrs que cela va mollir. On part correctement dans une vingtaine de noeuds de vent, stratégie correcte, on est six ou sept à la bouée de dégagement, les suisses et Val Thorens sont mal, les malouèches juste derrière. Le vent forcit, la vitesse du bateau atteint des niveaux rarement affichés, du type 15 à 18 noeuds, tout le monde est regroupé dans l'arrière du M30 pour limiter les risques d'enfournement. On plane, il faut éviter de se casser la figure, Cedric, Jacques et Jean assurent comme des chefs. Les malouèches nous passent mais nos deux aversaires en ligne de mire sont loins derrière. Le vent mollit devant Bandol, la moitié du chemin est faite en deux heures. Il reste une vingtaine de milles soit Granville Saint Malo, cela ne semble pas la mer à boire. Il y a encore du vent derrière et la queue de la flotte se rapproche sensiblement,le vent tombe complètement, tourne de plus de 100 degrés. Un groupe de bateaux est au large et l'autre comme par hasard vise la terre ce qui rend tout contrôle illusoire, comme d'habitude. Il faut donc choisir son camp, ce sera pour nous le large, promesse de rotation du vent et pourquoi pas d'un peu plus de "pression".
Ce ne sera malheureusement que vrai à moitié, le vent tourne mais tombe encore et c'est à notre grand désespoir que Val Thorens nous double, ainsi que les Suisses tandis que nous semons enfin Saint Malo. Devant les premiers ont fait le trou, ils sont à plus de deux milles quand ils passent la ligne d'arrivée d'un parcours raccourci à l'entrée de la rade de Hyères.
Il nous reste à parcourir cette fameuse distance avant la clôture de la ligne, soit un peu plus d'une heure plus tard. On se bat, on empanne, réempanne, envoie le foc, on imagine les plus pures stratégies. Il y a encore un peu de vent, à quelques centaines de mètres de la ligne il nous reste encore plus de vingt minutes de courses, malheureusement nous échouons pour quelques mètres, l'ombre de notre mât porte sur le bateau comité mais la montre est cruelle, il est vingt heures, en douze heures dont deux à plus de dix noeuds de moyenne seuls cinq bateaux auront connu les honneurs de l'arrivée !
Il faut encore aller à Hyères, les visages sont un peu crispés, nos deux adversaires ont été plus chanceux et ont fini à quelques mètres devant nous. Les gorges sont serrées, nous savons que la majorité de nos chances de remonter au classement ont disparu quand celles de replonger sont toujours réelles. Il va falloir être forts dans la tête !

Aucun commentaire: